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  • Quand font irruption les dieux les plus violents…

    Nous avons reçu l’annonce de l’attentat et des meurtres du 7 janvier alors que nous animions, avec Yvon Pesqueux,  au CNAM de Nantes, un colloque international sur Le Vivant !

    Si les dessinateurs de Charlie incarnaient la joie de vivre, l’impertinence d’un Eros socialisé et décomplexé, une expression désentravée, la fraternité de la créativité partagée, c’est sans doute parce qu’ils avaient d’abord su, en eux-mêmes, trouver une énergie vitale les désaliénant de toutes les cuirasses qui s’incarnent dans les fanatismes, celles-là que nous alimentons souvent par nos passivités dans une société où le culte de l’insignifiance est la conduite désormais admise.

    En face d’eux, leurs assassins et ceux qu’ils représentent incarnent la violence éternelle sans doute d’abord par haine d’eux-mêmes. Ils trouvent refuge et protection dans l’instinct destructeur quand Thanatos vient s’articuler aux refoulements individuels, aux non-dits, aux reniements et c’est loin d’être lié à une seule observance religieuse même exacerbée. Notre propre société, nous devons avoir le courage de l’examiner, possède également, en son sein, ces mêmes germes de violence aveugle (ce qui n’exonère en rien les lâches auteurs de l’attentat que nous venons de vivre). Et les racines de cette violence  sont également à chercher dans la cupidité et le cynisme de ceux qui, flirtant  avec elle, encouragent aveuglement les idéologies de la haine.

    Le revue Esprit Critique s’associe fraternellement à la peine des proches de victimes et leur témoigne sa solidarité.

    Dans nos vœux de Janvier nous annoncions la mise en œuvre d’un numéro de notre revue consacré au terrorisme que dirigera notre collègue Anne Marie Mamontoff. Nous en mesurons aujourd’hui un peu plus l’impérieuse nécessité.

    Après l’émotion partagée et à côté de la dénonciation nécessaire, la fonction critique -celle-là même qu’avec d’autres outils les hommes et femmes de Charlie manient avec tant de talent- est plus que jamais nécessaire face aux « violents » et à  leurs « complices matériels pour que vive l’esprit critique, pour que  Dionysos et Hermés soient au rendez-vous de nos vies en société, pour que beau et bon restent notre loi commune.

    Georges Bertin.

     

     

     






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