Appel à communications

  • De la prévention des décrochages aux conditions des raccrochages.
    Bertrand Bergier et Danielle Desmarais

    De la prévention des décrochages

    aux conditions des raccrochages.

     

    Appel à contributions.

     

    Sous la direction de BERTRAND BERGIER (Professeur à l’UCO, directeur de recherche à l’université de Nantes, CREN) et de DANIELLE DESMARAIS (Professeur à l’ Université du Québec à Montréal).


     

     

     

    La collaboration  pour ce numéro avec les chercheurs et praticiens du réseau PARcours satisfait deux objectifs de la revue Esprit Critique: celui de contribuer à l'émergence d'un espace international de communication en sciences sociales et celui de favoriser une réflexion sur l’intervention sociale, réflexion susceptible d'enrichir la pratique des différents acteurs concernés par les décrochages et raccrochages.           

     

     

    Problème économique, social et politique, le décrochage scolaire mobilise les différents pays de l’OCDE ; en témoigne Europe Stratégie 2020 ou - outre Atlantique -  les Programme de recherche sur la persévérance et la réussite scolaires (PRPRS).  Il devient un voyant du tableau de bord  de l’évaluation et de la comparaison internationale des systèmes éducatifs. La mesure apparaît incertaine, la quantification à géométrie variable (Boudesseul et Vivent, 2012). Ici, sont analysées les sorties du système scolaire avant la fin de la scolarité obligatoire, là, les sorties sans diplôme et/ou sans qualification. Parfois les enquêtes se centrent sur la non poursuite d’étude et de formation, parfois le chômage d’insertion focalise les attentions.  Tantôt les comptabilités se font au sortir du système, tantôt une ou plusieurs années plus tard. Nonobstant ce flottement comptable, le phénomène a gagné en visibilité. Politiques, acteurs de terrain, parents s’inquiètent des sorties prématurées du système scolaire et des conséquences tant sociales que professionnelles. Le désarroi apparaît proportionnel au poids accordé  à la formation et au diplôme pour entrer dans la vie active. En ce sens, ce désarroi est tout autant scolaire que socio-économique.

     

     

     

    Les propositions de contributions peuvent s'inscrire dans les axes suivants :

     

    Axe 1. Constructions des décrochages et des « décrocheurs »

    Ne se satisfaisant pas du versant quantitatif exposé aux querelles de dénombrement et peu propice à dévoiler les conditions de production du décrochage, nombre de travaux préfèrent s’attarder sur les trajectoires, construire des typologies d’élèves « décrocheurs » (Bonnéry, 2007 ; Hugon, 2010) et/ou interroger les causes, notamment l’origine sociale et les rapports sociaux, à l’oeuvre. Nous nous proposons dans ce premier axe d’une part, d’être attentif à la contextualisation, de comprendre les décrochages au regard des projets éducatifs nationaux, donc des compétences privilégiées dans ces projets ; d’autre part, d’interroger les différents aspects de la réalité complexe du décrochage/raccrochage que les diverses théories mettent en lumière. A quelle(s) échelle(s) (macro, miso, micro) raisonnent ces théories ? S’agissant de l’approche par les parcours (Bessin, 2009; Desmarais, 2009), quels processus spécifiques cette approche met-elle de l’avant? Quelles facettes, le cas échéant, occulte-elle? Quelles « variables » (le genre, l’âge, l’origine socioculturelle, l’origine socioéconomique) apparaissent les plus heuristiques dans l’analyse des parcours de décrochage/raccrochage scolaires?

     



    Axe 2. Les acteurs de la prévention.


    « De ce que nous proposons d’étudier avant tout le réel, il ne s’ensuit pas que nous renoncions à l’améliorer » écrivait Durkheim dans sa préface de la division du travail social en 1893. Quels sont les dispositifs et moyens déployés pour endiguer le décrochage ? Les interventions ne peuvent obéir exclusivement aux prescriptions et aux injonctions verticales descendantes. Quelles sont, aux plans régional et local, les interactions et alliances éducatives entre les acteurs concernés - et parfois oubliés - par ces actions de prévention ? Au plus près du terrain, quelles sont les rapports, tant individuel que collectif, au décrochage  et les difficultés rencontrés par les professionnels, les équipes, les partenaires ou encore les familles dans les réponses apportées (Flavier et Moussay, 2014) ? En quoi la lutte contre le décrochage des adolescents et jeunes adultes interrogent l’accrochage professionnel des adultes qui les entourent ? Comment l’étude des processus de décrochage/raccrochage scolaires et des jeunes qui les vivent interroge-t-elle l’école telle qu’elle se présente aujourd’hui? Et plus largement, le système éducatif? L’école, à la lumière de ces parcours, a-t-elle perdu sa mission éducative? Est-elle devenue une organisation qui offre un service et exerce un contrôle, comme le propose Dubet (2002) ?

    Axe 3 Penser les raccrochages.


    La revue des écrits scientifiques l’atteste. Les  publications analysant les processus de décrochage et les dispositifs de prévention pour contrer celui-ci occupent le devant de la scène éditoriale ; plus rares sont les recherches consacrées aux parcours de raccrochage et aux pratiques d’accompagnement des jeunes « raccrocheurs ». Ce troisième axe s’appuie sur PARcours, réseau de chercheurs et de praticiens engagés dans le renouvellement des pratiques d’accompagnement du raccrochage scolaire au Québec, en France, en Belgique et en Espagne www.PARcours.uqam.ca Ce réseau propose une définition dynamique du raccrochage scolaire dont les différentes facettes peuvent s’articuler de manière singulière. Ainsi, le raccrochage scolaire, du point de vue de ce que vit le jeune, se définit comme : un cheminement (Bouchard et St-Amant, 1994), un réinvestissement actif du sujet-acteur dans un/des projet(s) (Boutinet et al, 2007), une redynamisation du rapport au savoir et à l’apprendre (Desmarais et coll., 2003; Willms et al, 2009; Dunleavy et al, 2012) et, enfin, une « épreuve sociale » (Dubet 2009; Martucelli, 2010 ; Gagnon et Brunel, 2005). Comment, concrètement, ces multiples facettes s’articulent-elles dans le parcours du jeune ? Comment se manifestent-elles dans l’expérience sociale (Dubet, 1994) du jeune ? Quel est le poids respectif de chacune d’elles ? Le chemin est long entre le moment où le jeune en processus de raccrochage scolaire opère un geste symbolique d’inscription dans une école et le moment où il décroche un (premier) diplôme. Les défis et les écueils semblent immenses. Quels éléments facilitent ou assurent la réussite du jeune qui raccroche? Quels sont les parcours d’obtention d’un premier diplôme pour ces jeunes?

    Cette réalité, d’emblée micro-sociale, ne peut être appréhendée sans en référer aux niveaux meso et macro sociaux. Quelles ressources, structurelles, pédagogiques, psychosociales et quelles alliances éducatives (Gilles et al, 2012) sont nécessaires pour soutenir ces dynamiques chez le jeune, à la fois dans son environnement habituel (famille, école, milieu communautaire, etc.) et au niveau plus global de la société?

     

     

    Références.
    Balas, G. (2012). Lutter contre le décrochage scolaire. Vers une nouvelle action publique régionale, Paris, Fondation Jean Jaurès.

    Bouchard Pierrette et Jean-Claude St-Amant, (1994). « On devrait fermer toutes les écoles et en faire comme la nôtre ». Expériences de retour aux études dans quatre écoles québécoises : analyse de conditions de réussite scolaire, Rapport de recherche, Québec, Université Laval, Centre de recherche et d'intervention sur la réussite scolaire.

    Boutinet J-P., Denoyel, N., Pineau, G. et J-y. Robin (dir.). (2007). Penser l'accompagnement adulte : ruptures, transitions, rebonds, Paris, P.U.F.

    Bonnéry, S. (2007), Comprendre l’échec scolaire. Elèves en difficultés et dispositifs scolaires, Paris, La Dispute.


    Boudesseul, G., Vivent, C. (2012). Décrochage scolaire : vers une mesure partagée. Bref du CEREQ.


    Cauvier, J., Desmarais D., (2013). L’accompagnement éducatif des jeunes en processus de raccrochage scolaire à l’éducation des adultes : entre contrôle, service et relation. Lien social et Politiques, 70, 45-62.

    Desmarais, D. (2009). « L'approche biographique » in B. Gauthier. (dir.). Recherche sociale. De la problématique à la collecte des données. 5Ème édition. Québec, P.U.Q., pp. : 361-389

    Desmarais, D. (2009). avec la coll. De Audet, L., Daneau, S., Dupont, M., et F. Lefebvre. (2003). L'alphabétisation en question. Outremont, Editions Quebecor, 264 p.

    Dubet, F. (1994). Sociologie de l'expérience, Paris, Seuil.

    Dubet, F. (2002). Le déclin de l'institution, Paris, Seuil.

    Dubet, F.(2009). Le travail des sociétés, Paris, Seuil.

    Dunleavy et al, (2012). Flavier, E., Moussay, S. (2014). Répondre au décrochage scolaire, Louvain La Neuve, De Boeck.

    Gagnon, Colette et Marie-Lise Brunel, (2005). « Les raccrocheurs adultes : motivation et persistance aux études au niveau secondaire », Carriérologie, vol.10, 1-2, 305-330.

    Gilles, J.-L., Potvin, P. et C. Tièche Christinat. (2012). Les alliances éducatives pour lutter contre le décrochage scolaire. Berne, Peter Lang.
    Hugon, M.A., (2010). Lutter contre le décrochage scolaire : quelques pistes pédagogiques. Informations sociales, 161, 36-45.

    Martucelli, (2010). La société se singularise, Paris, Armand Colin.

    Willms J. D., Friesen, S., et Milton P., (2009). What did you do in school today? Transforming classrooms through social academic and intellectual engagement – First national report. Toronto, On : Canadian Education Association


    ENVOIS des ARTICLES POUR LE 1ER DECEMBRE 2016.
    A BERTRAND BERGIER (Prof. UCO, directeur de recherche université de Nantes, CREN) bertrand.bergier@uco.fr

     

    et A DANIELLE DESMARAIS (Prof. Université du Québec à Montréal)

    desmarais.danielle@uqam.ca



    Consignes aux auteurs. (articles en français).


    A) Titre de l'article (obligatoire) (20 mots maximum)


    B) Nom de l'auteur (obligatoire) (prénom et nom)


    C) Présentation de l'auteur (obligatoire) (100 mots maximum)


    D) Résumé de l'article (obligatoire) (200 mots maximum)


    E) Mots clés (obligatoire) (5 mots maximum)


    F) Article (obligatoire) (taille visée: 6000 mots, taille maximum: 10'000 mots,

    taille minimum: 2000 mots.


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